Parfum & Photographie, Abécédaire olfactif de Julien Benhamou

Passionné de photographie depuis l’adolescence, Julien Benhamou se destine tout d’abord à une carrière de portraitiste. Passionné de danse, le jeune photographe aime créer la surprise et réalise que figer l’instant, notamment lors des sauts, apporte une forme d’inédit. Ses travaux s’orientent alors de plus en plus vers la capture du mouvement. Sur scène ou hors-les-murs, il s’attache à rendre la photographie aérienne voire mobile. Son univers est également empreint de poésie, le décor y joue un rôle, et le mouvement, toujours esthétique, y est magnifié.

Photographe officiel de l’Opéra de Paris, il immortalise les danseurs dans des portraits mettant en scène leur art du mouvement, entre légèreté et intensité, comme des moments suspendus.

Artiste sensible, Julien Benhamou partage ici quelques-uns de ses souvenirs olfactifs, ces derniers étant surtout centrés sur la nourriture, la chaleur du foyer, et la peau. Un encrage olfactif dans le réel, avec un abécédaire réunissant des odeurs de vie plus que des parfums. 

B comme Barbecue

J’adore cette odeur ! Ainsi que celle de l’herbe mouillée. L’odeur du barbecue pour moi c’est vraiment l’odeur de la convivialité. Et l’herbe mouillée a un côté plus régressif, souvenir de retour d’école. Ce sont deux odeurs parmi mes odeurs préférées !

C comme Cumin

Je n’ai pas particulièrement de difficultés à en consommer mais je n’aime pas du tout l’odeur du cumin. J’ai du mal à l’expliquer, mais je trouve cela fort et désagréable.

G comme Gâteau

Le classique gâteau au yaourt est pour moi une odeur culinaire particulièrement réconfortante. Outre le souvenir d’enfance, elle est pour moi évocatrice de bons moments. Je continue d’ailleurs à en faire avec ma fille afin de retrouver cette sensation et la lui transmettre.

H comme Hypersensible 

Hypersensible en général, je suis particulièrement sensible aux odeurs. Je peux savoir qui a quitté une pièce grâce à son odeur. Personnellement je me parfume peu. J’hydrate ma peau avec un lait corporel, mais je ne me parfume pas au quotidien. Je porte du parfum quand je sors, pour moi c’est un peu comme pour revêtir un costume, j’aime ceux de la marque Liquides Imaginaires, je les trouve racés et élégants. 

I comme Iode

L’iode, la mer, le sel sur la peau, le soleil brûlant sur le béton, ces parfums-là me font voyager. J’ai le souvenir d’un shooting photo à Sète, dans le sud de la France, nous étions vraiment au milieu de la mer, sur une étendue de sable uniquement accessible par bateau. Cet îlot de trois mètres, tout entouré par la mer, créait vraiment un univers olfactif et une ambiance particulière. Une odeur peut être très inspirante.

L comme Labo photo

Le labo photo improvisé dans la salle de bain, quand je développais chez mes parents, reste un souvenir olfactif marquant pour moi. C’était une odeur de chimie, d’ammoniac, très acide voire toxique. Plus tard, j’ai installé ce labo dans l’ancienne chambre de mon grand frère, que j’utilisais la nuit pour développer. A l’âge de 15/16 ans, c’était pour moi un endroit de magie, car c’est là que se révélaient mes photos. C’étaient des moments de solitude, de création, et de grande joie, contrebalancés par cette odeur qui peut sembler « toxique », mais aujourd’hui encore, quand je retourne dans un labo photo et que je la ressens, je retrouve le plaisir de ce souvenir.

P comme Pain

L’odeur du pain qui cuit au four me ramène immédiatement en enfance. Tous les vendredis, ma mère faisait son pain maison. Cette odeur de levure et de pain chaud me ramène instantanément dans sa cuisine, et me rappelle les moments où on le dégustait en famille.

T comme Tirages

Lors des tirages photos, s’ajoute à l’odeur de chimie du labo photo, l’odeur du papier. Ces senteurs-là, additionnées des notes poussiéreuses et de l’odeur de renfermé de cette pièce non aérée, pour moi c’est vraiment l’odeur de la photographie.

©JulienBenhamou

Sensible aux odeurs, Julien Benhamou l’est aussi aux projets de synesthésie. Il a d’ailleurs eu l’opportunité de travailler un projet photo en collaboration avec Philippe di Méo, créateur de la marque de parfums Liquides Imaginaires. Les photographies, inspirées des parfums, ont fait l’objet d’un shooting bien spécifique : « Nous avons passé trois jours en mer, à Marseille, avec trois artistes, et nous avons essayé de mettre les parfums en images avec des matières, de l’eau, du sable, de la terre, mais aussi des choses volatiles, de la fumée, de la poussière, des faux-jours, des reflets, des choses un peu mystérieuses. » 

Jamais à cours de projets et de collaborations artistiques, avec l’Opéra de Paris donc, mais aussi la Comédie Française ou encore récemment le Festival des Etoiles du Ritz, Julien Benhamou exposera également le 8 septembre prochain chez Atica Paris.